Ah les aléas de la vente en plein air… Hier dimanche, rude journée tant sur le plan physique que mental!

Le dimanche est un important marché pour moi: toute la journée au bord du lac à Ouchy, beaucoup de passage lorsqu’il fait beau donc il faut être là et assurer!  Les marchés ne sont plus fréquentés comme il y a 20 ans, il faut donc saisir le coche!

Je n’avais pas beaucoup dormi la veille, mais j’étais là (au taquet!) l’orage de la nuit avait passé et je montais le stand sous le soleil. Bon, la météo annonce des orages pour l’après-midi, espérons au moins que la mâtinée sera bonne…

La journée commence effectivement bien puis l’orage annoncé se pointe plus vite que prévu… Forte pluie, vent et même des éclairs. Pas super rassurée sous les arbres… Je suis trempée et je zieute mes produits, de peur qu’eux aussi soient tout détrempés… Ouchy se vide, seuls quelques promeneurs résistent, en tenue de gym.

L’orage ne montre pas de signes de faiblesses après 3 heures, on se regarde avec les autres maraîchers… Qu’est-ce qu’on va faire? rester tout de même jusqu’à 19 heures sous cette pluie dans un Ouchy désertique et ruiner les produits? Un coup d’oeil aux divers sites de météo ne présage rien de bon. C’est pluie, pluie, pluie. Au moment où le vent se lève et qu’il pleut à l’horizontale dans mon stand, je dis stop. Un dernier coup d’oeil à la météo: aucune amélioration prévue. Je décide d’arrêter les frais et de rentrer. Il est 13 heures.

Je range la mort dans l’âme (et l’eau sur la tête). Je suis dégoûtée. Tout ce travail pour rien…
Et en déchargeant la marchandise au dépôt, que vois-je? Le ciel bleu. Le soleil. Les nuages qui s’espacent. J’ai les cheveux tout collés  sur le crâne, mais je sens que ça chauffe. Et là, j’ai envie de pleurer. J’ai eu tort. Et ça, j’aime pas du tout, faire des erreurs. J’ai cru la météo et j’ai pris ma décision trop vite.

Tout l’après-midi j’ai scruté le ciel et prié (façon de parler) pour que les averses reprennent et confirment que j’avais pris la bonne décision. Mais non. Il a fait beau.

Voilà, c’est ça aussi être son propre patron, il faut prendre des décisions seule et les assumer. Parfois c’est rude, mais on apprend. Et depuis que j’ai commencé, j’apprends tous les jours.

Hier, j’ai appris, ou plutôt j’ai eu la confirmation, que le monde des marchés c’est pénible, qu’il faut bien s’armer car un rayon de soleil peut toujours apparaître, même quand on s’y attend le moins. Il n’y a qu’en étant tout le temps là, en se faisant voir qu’on se construit petit à petit une clientèle, qu’on gagne en crédibilité.

Pour ceux qui m’ont cherché hier, je suis désolée, vraiment, de vous avoir manqués et vous dis à bientôt, car je compte bien me rattraper!

Très bonne semaine à tous et à demain à Vevey!

(Crédit photo: https://blog.bassin-nature.com/)